PEKIN (Reuters)
- Le groupe de luxe Gucci a obtenu gain de cause face à un fabricant chinois de
chaussures dans une affaire de contrefaçon, annoncent des médias publics chinois.
C'est la deuxième victoire de ce type après celle du confiseur italien Ferrero,
qui a remporté la semaine dernière une bataille contre une entreprise chinoise
produisant des contrefaçons de ses chocolats Ferrero Rocher.
Dans le cas de Gucci, le groupe Senda, basé dans la province orientale du
Jiangsu, a été condamné lundi par le Tribunal du peuple du district de Shanghai
Pudong à verser à la filiale de PPR 180.000 yuans (16.400 euros) de dommages et
intérêts pour avoir copié le logo des deux G tête-bêche.
Des sandales Senda pour femme arborant ce sigle ont été vendues en août 2006
dans le plus important grand magasin de Shanghai, a précisé de son côté
l'agence officielle Chine nouvelle.
"Gucci exigeait de Senda et des grands magasins Yaohan qu'ils cessent de
fabriquer et de commercialiser les souliers portant le logo et réclamaient aux
deux parties des dommages d'un montant total de 610.000 yuans", a ajouté
l'agence.
Selon la décision du tribunal rapportée par Chine nouvelle, aucun dommage et intérêt
n'est exigé de Yaohan mais celui-ci doit cesser immédiatement de vendre les
sandales litigieuses.
Gucci a multiplié par quatre le nombre de ses magasins en Chine depuis la fin
2004, Ferrero a remporté de son côté une bataille juridique entamée il y a cinq
ans contre le chinois Montresor.
Selon le South China Morning Post, la Cour suprême populaire chinoise a ordonné
à Montresor de cesser de fabriquer ses chocolats à la noisette et de verser des
dédommagements "symboliques" de 500.000 yuans (45.000 euros).
"C'est déjà assez difficile pour les entreprises italiennes, et les
entreprises étrangères en général, de pénétrer en Chine, de surmonter la
résistance opposée aux produits étrangers, de bâtir un réseau commercial et
d'investir dans le pays, pour en plus affronter un ennemi fort et invisible tel
que l'industrie de la contrefaçon", a déclaré l'entreprise italienne,
citée par le journal. Ferrero, qui a dépensé plus d'un million de dollars dans
sa lutte contre la contrefaçon de ses produits, a entamé des poursuites en 2003
contre Montresor et ses chocolats "Tresor Dore", identiques à ses
rochers mais facturés le tiers du prix de l'original. Selon les médias de Chine
continentale, il y a au moins 35 types de chocolats qui ressemblent à des Ferrero
Rocher dans les supermarchés chinois.
Les produits contrefaits et piratés sont très répandus en Chine, qu'il s'agisse
des vêtements de mode, des DVD ou des médicaments.
L'Union européenne et les États-Unis font toujours pression sur les autorités
chinoises pour qu'elles règlent ce problème, dont les éditeurs de logiciels et
groupes de divertissement américains chiffrent le préjudice annuel à 2,5
milliards de dollars.
Nick Macfie, version française Gilles Guillaume